lundi 18 décembre 2006
Les dessous de l'attachée de presse...
Marie-Anne - lundi 18 décembre 2006 @ 23:14 - Stop psychoanalyzing me!
De Samantha Jones à Samantha Waters
L'attachée de presse... pétillante, ouverte, faisant preuve de grandes qualités relationnelles et de persuasion, élaborant toutes sortes de plans plus ou moins communicants, en vases clos de préférence... "results-oriented", "driven by performance"... Ah ! l'image fantasmée de celle qui, pieds et poings liés à son annonceur, s'attache à cracher de la retombée, corps et âme... "Trompettes de la renommée..." En tant qu'ex-Brand & Product communication manager, j'ai été confrontée à un marketer au sens de l'humour indéniable qui m'a confié un jour s'interroger sur la différence entre une attachée de presse et une responsable communication brandée corporate, l'une comme l'autre étant, selon lui par définition, dans l'obligation de dégainer à l'ombre de son "joli p'tit cul" un carnet d'adresses renfermant les sacro-saint numéros de portables du tout Paris. Cela m'a beaucoup fait rire.
C'est là que j'ai pris conscience d'une certaine forme de stigmatisation de la fonction "communication", perçue par la plupart des hautes sphères du privé comme un simple "FMAP"* ou "unworkable", au choix. Est-ce la raison pour laquelle certaines agences de com' merveilleusement intégrées se targuent auprès de leurs annonceurs de faire des "RP intelligentes", promues par un corps d'élite bac +6 tout droit sorti de Sciences Po, ESSEC ou HEC ? Après tout, comment une "press file manager" à la Samantha Jones pourrait-elle "donner du sens et sensibiliser une multinationale au risque d'opinion de ses conso-acteurs"... ? C'est alors que le monde corporate s'est lancé à corps perdus dans la fabrication d'une armée de communication managers aux dents longues qui, à la sortie de West Point, se retrouveront de toute façon, elles aussi, à manager en première ligne du fichier presse labellisé Excel, mais à la Samantha Waters cette fois. Car désormais "media profiler" sur le marché du travail, ça ne s'improvise plus sans pedigree en poche... Alors, merci Royal Canin et vive le corporatisme !
- FMAP = Frais Marketing Affecté au Produit

Media profiler en plein brainstorming corporatiste

